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Farm Radio International crée de nouvelles ondes pour répondre aux besoins des agriculteurs africains

Farm Radio International crée de nouvelles ondes pour répondre aux besoins des agriculteurs africains

Farm Radio International a atteint son 35e anniversaire et continue de développer des programmes et des méthodes pédagogiques innovants. Grâce à la radio interactive et aux téléphones portables, il atteint désormais plus de familles d'agriculteurs que jamais.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables.La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales.Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


L'expérience de la FAO dans le domaine de la radio rurale, y compris les technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale : nouveaux contenus, nouveaux partenariats

Docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, Jean-Pierre Ilboudo est journaliste radio de formation. Il a enseigné les techniques radio en Allemagne et au Burkina Faso, ainsi que les sciences de la communication. Il a également été chef du service d'études au Centre interafricain d'études des radios rurales de Ouagadougou (CIERRO).

Dans son poste actuel, Jean-Pierre Ilboudo est chargé de communication pour le développement, au Service de vulgarisation, d'éducation et de communication (SDRE), FAO, Rome, Italie. Pour les pays francophones et lusophones d'Afrique, ses responsabilités actuelles incluent :

  • Création, formulation, exécution, suivi et évaluation de projets et programmes de communication pour le développement
  • Formation à la communication pour le développement
  • Conseil aux pays membres de la FAO, concernant les politiques nationales de communication pour le développement.

Jean-Pierre Ilboudo a écrit et publié de nombreux articles, études, manuels et autres ouvrages dans le domaine de la communication pour le développement, et de la radio rurale, en particulier : " Méthodologie participative et interactive pour la radio rurale" (Rome, 2000) "Stratégies pour relier les recherches d'audience à la production participative de programmes de radio" (Londres, 1999) "Politiques et stratégies de communication pour le développement (méthodologies et enseignements établis) : sept ans d'expérience de la FAO en Afrique francophone et lusophone" (Rome, 2000) "Comment créer et produire une communication éducative Tools" (en collaboration avec JY Clavreul, Rome 1998) " Contribution on Rural Radio" (Rome, 1998) "Communication and Development " (Cologne, 1995), on "Community-Type Local Radio, the Case of the Mali-South Area" ( Une nouvelle publication , en cours de préparation).

Résumé

Depuis 1966, la FAO s'est engagée dans le développement de la radio rurale, notamment en Afrique (réunions à Giseiny et Moshi pour institutionnaliser les forums radio en Afrique francophone et anglophone, réalisées en collaboration avec l'UNESCO).

Au cours de ces trente-cinq années, l'appui de notre organisation a couvert de nombreux domaines, à savoir la formation, la création de radios rurales, le développement de méthodologies et de stratégies d'utilisation de la radio dans le développement.

Cet article soulignera d'emblée les jalons qui ont marqué, d'un point de vue historique, les périodes importantes de l'intervention de la FAO dans ce domaine, ainsi que les expérimentations menées sur le terrain, au Congo Brazzaville, en Mauritanie, en Guinée. , Guinée Bissau, Afrique centrale, Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger, Cap-Vert et République démocratique du Congo.

Il illustrera la philosophie et les méthodologies d'intervention de la FAO en relation avec l'utilisation de ces outils interactifs de communication et d'enquête sociale, dans le cadre d'une approche participative.

L'organisation de cet Atelier International sur la Radiodiffusion Agricole à notre siège à Rome, nous permet de nous concentrer sur les nouvelles opportunités offertes par la radio rurale et les technologies de l'information et de la communication. L'occasion aussi d'aborder quelques sujets d'une importance vitale pour nos communautés rurales, mais qui sont malheureusement rarement inclus dans les grilles de programmation des radios rurales africaines.

  • Des informations agrométéorologiques indispensables à la sécurité sanitaire des aliments et à l'agriculture en général
  • Les analyses et informations les plus récentes concernant la situation alimentaire dans différents pays qui sont proposées par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO, sur les achats et les besoins d'importations de céréales et d'assistance alimentaire à ces pays
  • Informations sur les prix du marché, qui sont d'une importance considérable en termes de bénéfices, pour les agriculteurs et les hommes d'affaires, et qui ne leur sont pas données ou communiquées de manière adéquate
  • La sécurité alimentaire, qui est un sujet important dans un monde où la faim et la malnutrition affligent des centaines de millions d'êtres humains, alors que notre planète produit désormais suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants. Nos radios rurales apportent-elles des réponses à cela ?
  • Les opérations post-récolte qui représentent une entreprise importante pour la sécurité des ménages en milieu rural.

Ce sont quelques-uns des sujets que l'atelier traitera, sous les auspices du Centre mondial d'information agricole (WAICENT), qui fournit les systèmes d'information hypermédia sur des sujets clés tels que l'agriculture, la nutrition, la pêche, la foresterie, le développement durable, ainsi que que la question des disparités entre les sexes dans l'agriculture. WAICENT fournit également des systèmes d'information spécialisés sur des sujets mondiaux importants tels que la désertification, le genre et le développement durable, les normes alimentaires, les ressources zoogénétiques, les opérations post-récolte, la diversité biologique agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire dans les centres urbains.

L'article traite également de l'expérience toute récente que la FAO mène, au Mali, dans le domaine de l'application des technologies de l'information et de la communication au développement rural, à savoir la connexion des radios à Internet et la prise de conscience des besoins, afin de pouvoir répondre à ces besoins en mettant à leur disposition le matériel approprié, dans le cadre du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou.

INTRODUCTION

Le Service de vulgarisation, d'éducation et de communication de la FAO a dès le départ considéré la radio rurale, notamment en Afrique, comme le média le plus privilégié à la disposition des communautés rurales, pour leur permettre de disposer des instruments appropriés pour avoir accès à des informations et connaissances utiles, pour porter dialoguer et débattre entre eux, et avec leurs partenaires, et partager leur expérience, leurs connaissances et leurs techniques.

La radio rurale est un outil de communication essentiel dans les pays africains.

Créée et établie il y a environ trois décennies, cette forme de radio est devenue de plus en plus familière, aimée et utilisée par les populations locales. Elle n'est en effet plus étrangère à la vie quotidienne des populations rurales. Elle favorise l'échange de vues, rapproche les gens, stimule l'information et valorise les savoir-faire locaux.

Grâce à la radio rurale, les gens peuvent se familiariser avec leur environnement et avec les problèmes socio-économiques et sociaux de santé au fur et à mesure qu'ils évoluent. La radio rurale leur permet aussi de mieux s'informer, et de mieux comprendre le monde qui les entoure. De cette manière, ils peuvent plus facilement participer aux différents programmes de développement et s'impliquer davantage dans les activités qui leur permettent de devenir créatifs.

La radio rurale, à l'heure actuelle, ne se contente plus d'essayer de simplement sensibiliser les gens, mais de les aider à libérer leurs moyens d'expression, à faire valoir leurs expériences et à partager leurs valeurs sociales et culturelles. Après leur expérience des radio-clubs, des radios paysannes au succès variable, et de la première génération de radios rurales dont les résultats sont moins que brillants, les pays d'Afrique, grâce notamment à la coopération internationale, se consacrent désormais à des actions plus vigoureuses formes d'expression dans le domaine de la radio rurale. Ces formes d'expression ont renouvelé la méthodologie d'approche, et la pratique de la communication.

Désormais, l'accent mis jusqu'alors sur les aspects pédagogiques fera place à la dimension interactive, et à l'entraide. Bref, c'est tout le processus de communication qui a été amélioré, ainsi que les modes de fonctionnement actuels. Alors que l'ancien système reposait sur une approche thématique, la nouvelle formule de la radio rurale respecte le principe d'intégration et recherche une approche globale.

Grâce à la coopération apportée par la FAO et ses partenaires, à savoir, le CIERRO (Centre Interafricain d'Etudes Radiophoniques Rurales de Ouagadougou), l'UNESCO, la GTZ, l'UNICEF, le CTA (Centre Technique pour l'Agriculture et le Développement Rural), la FONDATION FORD, le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ainsi que les organismes de coopération des Pays-Bas, de la Suisse, de la France, etc., la radio rurale a retrouvé une nouvelle vigueur, en centrant ses activités au niveau local, et en adoptant de nouvelles réglementations innovantes, dispositions juridiques et institutionnelles.

Ces dispositions tendent à conférer de plus en plus à la radio rurale sa propre personnalité juridique, ainsi que sa propre autonomie financière, ce qui permettra à terme aux radios rurales de pouvoir générer leurs propres ressources financières et de les gérer de manière autonome. En effet, la FAO et ses partenaires cherchent ardemment à orienter la radio rurale vers la stabilité et la pérennité, afin qu'elle puisse accéder facilement aux sources d'information scientifiques et techniques, ainsi qu'aux multiples potentialités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Le WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) ainsi que de nombreux services techniques sont dépositaires d'un nombre considérable de bases de données contenant des informations sur le développement durable agricole et rural, dont les auditeurs des radios rurales ont besoin pour mieux maîtriser leur environnement. Cependant, ces informations doivent avoir un lien direct et approprié avec leur besoin d'information et de communication, qui doit d'abord être identifié, quels que soient les voies et moyens existants qui les aideraient à accéder à ces informations.

A) L'EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LE DOMAINE DE LA RADIO RURALE

I. Quelques repères historiques

Lorsque la FAO, par le biais de son Service de vulgarisation, d'éducation et de communication, s'est impliquée dans la promotion de cette forme de communication en milieu rural, elle a apporté son aide pour :

  • Création de la radio rurale Congo, en 1976,
  • Consolidant les fondements de la radio rurale mauritanienne en 1986,
  • Création de la radio rurale de Guinée en 1986,
  • Former les agents des radios rurales centrafricaines en 1986,
  • Création de la radio rurale du Tchad, en collaboration avec la Coopération française et l'UNICEF, en 1986-1988,
  • Décentraliser la radio rurale du Burkina Faso, et la mettre au service du développement rural intégré, entre 1990 et 1996,
  • Relancer les activités des radios rurales du Mali en 1993, en guidant le Niger et la Guinée-Bissau vers une initiation à la méthodologie des radios rurales (1994-1995),
  • Développer et expérimenter une mallette pédagogique multimédia pour la formation de formateurs en radio rurale, en collaboration avec l'UNICEF et l'URTNA/CIERRO,
  • Organisation d'un consortium international sur le développement des radios rurales en Afrique (27 pays - 1 lusophone, 9 anglophones et 17 francophones, et 31 partenaires de coopération bilatérale et multilatérale), en juin 1996,
  • Création et mise en place de quatre radios locales de type communautaire dans la zone Mali-Sud, 1997-2001,
  • Création, lancement et pilotage d'une étude sur les besoins de formation des formateurs dans le domaine de la radio rurale, dans plus d'une quinzaine de pays africains, en partenariat avec le CTA, le CIERRO, et la SADC-CCD (Southern African Development Community-Centre of Communication pour le Développement), entre 1998 et 1999,
  • Réalisant une analyse, à partir de 1997 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui, en ce qui concerne les applications possibles des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), y compris celles traitant de la connexion de la radio à Internet,
  • Elaborer, en partenariat avec la coopération suisse, une méthodologie participative et interactive pour la radio rurale, mettant l'accent sur les outils utilisés par l'approche participative, et les techniques de production radiophonique, c'était en 1996.
  • Perfectionnement et application d'une méthodologie d'analyse systématique du contenu des programmes de radio rurale (2000),
  • Mise au point et expérimentation d'une méthodologie de suivi et d'évaluation de l'impact des programmes de radio rurale (2000).

Auparavant cependant, la FAO, avec l'UNESCO, avait joué le rôle de pionnière en organisant une réunion en 1966, qui a généralisé le modèle de tribune de radio, entraînant immédiatement l'émergence de radioclubs et de radios agricoles en Afrique (réunion tenue à Giseyni au Rwanda pour Afrique francophone, et à Moshi en Tanzanie pour l'Afrique anglophone).

II. Notre vision : Philosophie et stratégies pour l'utilisation de la radio rurale

En Afrique, la radio est encore considérée comme le moyen de communication le plus approprié pour soutenir et promouvoir le développement rural en raison de son faible coût, de son adaptabilité à un large éventail de situations et de publics, et son accessibilité.

La radio rurale en Afrique est un moyen de communication proche de la majorité des personnes vivant dans les communautés rurales. La radio rurale met à leur disposition un espace de dialogue démocratique sur les problèmes économiques, sociaux et culturels liés au développement en milieu rural, semi-urbain et urbain.

La radio en Afrique connaît aujourd'hui une série de transformations majeures, à savoir l'émergence de radios indépendantes, ainsi que l'émergence de nouveaux rôles que la radio peut jouer, notamment en ce qui concerne la satisfaction des besoins du secteur privé, des organisations non gouvernementales d'organisations, de communautés rurales, d'associations et d'organisations paysannes, et de groupements de femmes et de jeunes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l'expertise que la FAO a acquise grâce à ses sessions de formation, ses séminaires d'analyse et ses activités de recherche.

Forte de cette expérience, la FAO a consacré ses énergies au cours des deux dernières décennies à stimuler et à soutenir le développement de la radio rurale en Afrique.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la FAO suit l'évolution des radios rurales. Ce faisant, il a permis aux ressources humaines locales d'acquérir les aptitudes et compétences techniques indispensables à l'organisation de la production, à la diffusion, à la gestion ainsi qu'à l'entretien des radios rurales.

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales place la communication rurale à trois niveaux :

Trois types de radios donc, ou trois systèmes dont l'articulation harmonieuse permet d'atteindre une véritable radiocommunication rurale, malgré le fait qu'à l'heure actuelle, on puisse observer l'évolution des radios rurales vers la localisation, en termes de radios rurales de type communautaire, parfois appelées radios de quartier.

Les radios rurales de type classique, nationales et/ou régionales semblent disparaître lentement, ou sont abandonnées, au profit des radios locales et communautaires, à l'égard desquelles notre organisation a, il y a plusieurs années, indiqué une option très claire , ou choix, pour son soutien présent et futur.

L'objectif principal de notre stratégie est de faire en sorte que les activités des radios rurales deviennent à la fois pérennes et autonomes, et de les mettre au service des différentes opérations de développement.

Pour ce faire, nos opérations se concentrent sur quatre principes méthodologiques :

- Le principe d'intégration : Il est essentiel que les radios rurales intègrent opportunément toutes les préoccupations et thématiques du développement rural. Il est donc important d'encourager la mise en place de structures intersectorielles de planification et d'orientation conjointes des programmes impliquant les services ministériels concernés par le développement, les ONG, les bailleurs de fonds, ainsi que les associations ou groupements représentatifs du monde rural. .

- Le principe d'interdisciplinarité : Il est essentiel que les équipes de production et d'animation des radios rurales soient de nature interdisciplinaire. Il serait donc utile que le personnel et les techniciens des principales organisations impliquées dans le développement rural collaborent avec ces équipes, leur assurent une formation homogène et technique sur les méthodes de production des radios rurales, et encouragent la création au sein de ces organisations de groupes qui assurerait le suivi des activités des radios rurales.

- Le principe d'interactivité : Les activités de production et de diffusion des radios rurales doivent être fondées sur les préoccupations réelles qui affectent le monde rural, et elles doivent prendre la forme d'un dialogue permanent avec les communautés. La priorité doit être donnée aux moyens de production mobiles, afin de s'assurer que l'équipe de la radio rurale soit présente sur le terrain au moins dix jours par mois. La priorité doit être donnée aux informations provenant du terrain. Les programmes radio doivent être adaptés aux caractéristiques culturelles et aux circuits de communication qui caractérisent le monde rural. De plus, ils doivent intégrer les valeurs qui font partie du patrimoine local.

- Le principe de pérennité : Il est indispensable, si l'on veut garantir la pérennité des activités des radios rurales, d'étudier et d'adapter les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour permettre aux radios rurales de bénéficier de leurs propres ressources, et de se gérer de manière autonome.

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possibles, car les réponses que nous apportons à ces demandes doivent, de manière simultanée et complémentaire, couvrir trois domaines :

- Ressources humaines : Le processus de formation des nouvelles équipes des radios rurales doit être accéléré. Le CIERRO doit également être soutenu et renforcé, car son rôle est déterminant dans le secteur de la formation.

- Moyens de fonctionnement et statut juridique/administratif de la radio rurale : Les problèmes en jeu doivent être traités de manière énergique et spontanée au niveau du gouvernement et des ONG. En effet, il est indispensable que les radios présentes ou futures opérant au niveau national, régional ou local soient dotées d'un statut ou d'une modalité de gestion leur permettant de mobiliser leurs ressources financières existantes de manière à garantir leur bon fonctionnement et de développement, sans qu'il soit nécessaire pour eux de solliciter des financements auprès de leurs partenaires pour chaque démarche qu'ils entreprennent.

- Infrastructures : Des investissements considérables doivent être réalisés dans ce domaine, puisqu'il s'agit ici de doter les radios régionales et locales des moyens de production et de diffusion, ainsi que des outils nécessaires au suivi et à l'évaluation concernant l'impact des programmes diffusés.

La méthodologie participative et interactive de la radio rurale, ou la radio rurale comme outil utile pour l'enquête sociale.

Jusqu'à très récemment, la radio fonctionnait en milieu rural comme une extension de l'activité de vulgarisation de l'agent rural. Ce n'est pas par hasard qu'au cours des années 1980, un certain nombre de chercheurs en communication ainsi que de praticiens dans ce domaine ont réfléchi et analysé la nature participative et interactive de la radio rurale. En effet, cette remise en cause de l'utilisation de la radio rurale a coïncidé avec le développement de la MARP, et les deux outils se sont développés de façon parallèle, puisant souvent aux mêmes sources disciplinaires, et empruntant mutuellement certaines techniques l'une à l'autre. .

Avant de revenir sur cet aspect de la question, il peut être utile de souligner que la radio rurale est utilisée par un certain nombre de projets soutenus par la FAO, dans lesquels l'approche participative est utilisée comme une méthodologie qui contribue à la réalisation de les deux étapes de cette démarche :

  1. Le diagnostic (information/connaissance/étude de l'environnement),
  2. L'évaluation des activités et des actions menées.

En utilisant des techniques de production radiophonique telles que les émissions publiques, les interviews communautaires et les discussions-débats, la radio rurale peut être utilisée non seulement comme outil d'enquête sur l'environnement, mais aussi comme méthode d'évaluation et d'auto-évaluation.

En donnant aux villageois la possibilité de s'exprimer, et ce faisant à partir des émissions les plus participatives, en l'occurrence des programmes publics, la radio rurale est en mesure d'opérer une sorte de triangulation, en recueillant différentes opinions liées à l'âge, au sexe, et la localisation géographique, ainsi qu'à la condition sociale des personnes par rapport à une question donnée. Ceci est d'autant plus vrai que toutes les couches sociales du village ou de la communauté rurale participent spontanément aux programmes publics.

C'est de cette manière que nous pouvons faire notre diagnostic, ou notre évaluation.

L'utilisation dynamique de la formule discussion-débat, et des techniques d'entretien direct, non direct et semi-direct permet de diagnostiquer et d'évaluer.

L'utilisation de la radio comme outil d'investigation sociale requiert un certain nombre de conditions préalables, sans lesquelles nous ne pouvons atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.

Notre approche suivante pour examiner cette méthodologie, est d'analyser la manière dont la radio rurale est utilisée à l'heure actuelle, dans le cadre de déplacements d'enquête sur le terrain afin de collecter puis de traiter les informations recueillies. Il s'agit de la préparation du matériel technique à utiliser sur le terrain, précédée de deux à trois jours de démarchages préparatoires nécessaires, ce que font malheureusement très peu d'équipes d'enquête de terrain.

Les voyages d'enquête sur le terrain sont généralement organisés sous forme d'incursions, au cours desquelles le producteur de radio rurale a seul le rôle central. Ce producteur décide des questions à traiter, puis il produit les émissions dirigées (après avoir passé une nuit environ dans le village), mais il n'est jamais appelé à évaluer l'émission diffusée.

Cette manière d'utiliser la radio rurale est loin d'être participative, et elle ne permet pas d'utiliser la radio rurale comme outil d'investigation sociale.

L'élément essentiel de ces activités de radio rurale est de permettre l'utilisation de cet outil indispensable par les villageois eux-mêmes, qui peuvent en faire un lieu d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social et de consultation.

Cependant, seule la participation communautaire peut donner à cet outil toutes les dimensions mentionnées ci-dessus. Le rapprochement de cet outil avec le public lui permet de s'impliquer dans la création, le développement et la production des programmes à diffuser. Pour y parvenir, nous devons aller dans les villages et utiliser la technique de l'approche participative, ainsi que les types de programmes radio les plus appropriés qui impliquent la participation des gens.

III. Principaux types d'activités de la FAO dans le domaine de la radio rurale

  1. La formation des ressources humaines.
  2. Appui à la mise en place d'un dispositif de radio rurale.
  3. Aide à la définition d'une stratégie de communication pour le développement qui inclurait la radio et les autres médias.
  4. Appui à la production de programmes basés sur une méthodologie participative (voir méthodologie ci-dessus).
  5. Définition des normes techniques des équipements et matériels radio.
  6. Réflexion et dialogue sur la radio rurale.
  7. Recherche dans le secteur de la radio rurale.

B) EXPÉRIENCE DE LA FAO DANS LA COMBINAISON DES TIC ET DE LA RADIO RURALE ET DANS LES TÉLÉCENTRES COMMUNAUTAIRES POLYVALENTS

IV. Les TIC au service de la radio rurale : l'expérience naissante du Mali

Les zones rurales et isolées des pays en développement se caractérisent par une faible densité de population et l'absence quasi totale d'infrastructures de télécommunications. L'accès aux services de télécommunications de base ainsi qu'à l'information sont pourtant une nécessité vitale dans la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations.

La communauté internationale s'est mobilisée pour promouvoir "l'autoroute de l'information" et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Dans les pays en développement cependant, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. La "fracture numérique" se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, à savoir entre les classes supérieures et moyennes des villes, et les personnes les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces personnes n'ont pas accès à l'information et aux ressources pédagogiques nécessaires pour approfondir leurs connaissances et leur permettre de participer au processus décisionnel. Ils n'ont pas accès aux mécanismes qui leur permettraient de communiquer avec les principaux acteurs du processus de développement. De plus, les connaissances et les qualifications qui devraient normalement être disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les TIC apparaissent de plus en plus comme la meilleure solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales, permettant ainsi un meilleur développement de différents secteurs, tels que l'éducation, la santé, le petit commerce, l'agriculture, etc. Ce développement, cependant, ne peut être considéré comme être durable, à moins que les TIC ne créent des réseaux ruraux reliés les uns aux autres, ainsi qu'aux autres supports de communication nationaux et internationaux. Malheureusement, les principaux acteurs concernés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces TIC.

En conséquence, nous devons nécessairement développer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée, centrée sur le rôle des moyens de communication « traditionnels », et celui de la radio rurale en particulier, comme interface entre les TIC et les communautés rurales.

La FAO est déjà impliquée, avec un certain nombre d'autres agences de coopération bilatérales et multilatérales 1 , dans la création d'un projet de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou, au Mali. L'objectif de cette initiative est de développer des modèles opérationnels pour les nouvelles technologies de communication dans cinq pays africains.

En 1999, la FAO, dans le cadre de cette initiative, a commandé une étude sur les besoins d'information des communautés rurales de la région de Tombouctou. Cette étude a révélé que les groupes de personnes interrogées étaient très motivés dans leur désir d'information concernant la production alimentaire, la commercialisation des produits alimentaires, les opportunités de partenariat et les soins de santé. L'étude a également indiqué que la radio était la plus favorisée parmi les différents moyens de communication disponibles, mais que la radio avait besoin de diffuseurs plus qualifiés, ainsi que de programmes plus adaptés aux réalités locales.

Depuis plusieurs années, la FAO soutient le développement rural au Mali, principalement à travers la relance de la radio rurale. Les autorités gouvernementales, avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé ensemble en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication.

Dans ce cadre, la FAO a soutenu le projet du ministère de la Communication de relier les quatre radios du sud du Mali à Internet, en collaboration avec les communautés rurales de Bougouni, Bla, Kolondieba et Koutiala.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques entre les agriculteurs et les agents de développement, en établissant un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et Internet.

La proposition vise également à créer un environnement qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. Il s'agit notamment du développement de la sécurité alimentaire, de l'élevage et de la pêche, l'élévation du statut social des femmes et la réinsertion des jeunes par la création d'opportunités d'emploi.

Par ailleurs, les équipements informatiques en ligne qui ont été installés dans chaque radio peuvent faciliter l'accès aux services de télécommunication et multimédia, et promouvoir une nouvelle culture des TIC.

La méthodologie de la communication pour le développement

La corrélation entre la productivité agricole et les moyens de communication a été fermement établie par des recherches récentes. La méthodologie qui a été utilisée dans le cadre de cette proposition privilégie une approche participative qui prend en compte les besoins et les attentes des populations rurales. Par conséquent, le rôle joué par la communication est déterminant pour promouvoir un développement à échelle humaine, dans le climat de changement social qui caractérise notre monde aujourd'hui.

Depuis 1996, la FAO s'est engagée dans la recherche et le développement d'une approche qui intégrerait Internet dans l'environnement rural, en commençant par les besoins des communautés agricoles et rurales. Cette approche s'appuie sur une méthodologie de "communication pour le développement", qui repose sur la mise en place de partenariats avec les populations et les organisations locales, afin de les aider à développer leurs propres moyens de communication, à l'aide d'outils tels que la radio communautaire et la vidéo. En d'autres termes, elle repose sur la méthodologie de l'approche participative.

Les médias et leur public

Les supports qui seront utilisés dans le cadre de cet accompagnement sont principalement de deux types :

  • Les TIC, qui comprennent le courrier électronique, l'accès à Internet, la vidéoconférence, les méthodes audiovisuelles et la presse.
  • Radio rurale communautaire locale, qui comprend le studio de diffusion de la radio, et une rédaction, avec des traducteurs. Le bureau devrait disposer d'un équipement mobile, qui servirait à recueillir les opinions et connaissances locales des publics, afin de les inclure, d'une part, dans les programmes diffusés, et d'autre part, dans le réseau Internet.

Outre l'utilisation de ces deux principaux médias, la préférence sera donnée à l'utilisation d'outils de communication traditionnels, ainsi qu'aux outils de communication de quartier tels que le GRAAP, les diapositives et les documents audiovisuels.

Les types de publics concernés par ces actions de communication sont : a) Les partenaires locaux au développement, ou ONG, et les services techniques de l'Etat tant centralisés que déconcentrés qui peuvent être considérés comme des intermédiaires b) Les populations rurales et les organisations paysannes.

A l'heure actuelle, les TIC constituent un puissant outil d'échange de ressources et d'informations. D'une part, ils permettent la diffusion d'informations, et d'autre part, ils facilitent la recherche et la réception d'informations. Face aux deux contraintes majeures qui existent, à savoir les grandes distances séparant les communautés rurales des centres urbains et l'analphabétisme

des populations locales en ce qui concerne les langues dans lesquelles les informations utiles sont disponibles, la radio rurale est devenue le seul outil capable de relayer aux populations rurales les informations disponibles sur Internet, en provenance d'autres radios faisant partie de l'information proposée système. De plus, grâce à l'utilisation d'équipements mobiles, il y a l'avantage de pouvoir fournir le retour d'expérience de la population locale à la fois aux radios et au Web.

Par conséquent, il s'agit de connecter les radios rurales entre elles, ainsi qu'à Internet, en créant un réseau, l'Intranet, géré par une équipe mixte qui serait formée à l'utilisation et à la recherche des informations pertinentes fournies. sur Internet. Cette équipe serait également chargée du traitement de ces informations en fonction du contexte local, des scénarios et de la diffusion radio. L'équipe doit être capable d'utiliser les outils d'enquête d'auditeur et d'audience, afin de mieux comprendre le public auquel elle adresse son message, et surtout, pouvoir favoriser l'interactivité par un retour d'expérience permanent. Cela permettrait au public de créer un retour d'information à la fois pour la radio et pour Internet, soit la mise en place d'un site.

L'équipe sera composée comme suit :

  • Un Agent d'Information qualifié et compétent, basé à Bamako, qui serait chargé de la gestion administrative du projet, ainsi que de la coordination technique entre le Télécentre et les radios rurales, et la direction des cours de formation sur l'utilisation des Internet et comment rechercher des informations et des sites pertinents sur le Web
  • Des animateurs bidirectionnels, ainsi que des producteurs et diffuseurs radio formés à l'utilisation et à la recherche sur Internet
  • Un technicien pour la maintenance des équipements, et pour l'assistance au personnel de la station radio en ce qui concerne l'utilisation des logiciels, et la fourniture de services de traitement de données en ligne.

Le projet en question s'appuiera sur un serveur situé à Bamako, qui sera le lien initial entre les sites Web dédiés au développement rural et agricole, notamment les services du WAICENT (Centre Mondial d'Information Agricole, FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni. A une date ultérieure, la liaison sera étendue aux services virtuels du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou, avec les radios qui ont été installées dans cette zone.

Le schéma suivant montre les différentes liaisons et mécanismes qui doivent être mis en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des TIC dans le projet de radio rurale.

L'expérience de la FAO dans le domaine du développement participatif peut être mise en pratique, afin de définir et de développer, avec la collaboration des différents partenaires concernés, des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des banques de données existantes au sein de WAICENT, afin répondre aux besoins spécifiques de développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Ce projet pourrait également prévoir la création d'organisations nationales associées, pour leur permettre de produire leurs propres informations sous un format électronique pour diffusion sur Internet et diffusion sur les radios rurales.


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